La condition féminine vue par Anne Kuhn

DIDAM Exposition Photo

Trois talents du Pays Basque exposent leurs photos au DIDAM cet été. Avec Abel Bourgeois et Kepa Etchandy, Anne Kuhn proposera ses créations dont la femme est la principale source d’inspiration.
Portrait d'une artiste au cœur des questions féministes.

Née en 1963, Anne Kuhn a rapidement fait son entrée dans le monde artistique, notamment grâce à son grand oncle, Philippe Oyhamburu, danseur au sein des ballets basques Etorki. Elle avait une dizaine d'années lorsqu'elle s'est faite remarquée pour sa mémoire chorégraphique, son sens du mouvement. Bien que destiné aux adultes, ce ballet l'a d'ailleurs très vite intégrée parmi ses danseuses. Anne a ainsi fait une partie de sa carrière dans le milieu de la danse, jusqu'à devenir danseuse professionnelle et évoluer à New-York aux côtés du célèbre chorégraphe Merce Cunningham. 

Lol V. Stein, quelle issue face au dépit ? - Anne Kuhn
© Anne Kuhn

Besoin d'affranchissement

La photographie est venue plus tard, comme une audace, un besoin d'affranchissement. Car, cet univers ne lui était pas étranger - son père et son oncle étaient eux-mêmes photographes, mais pas inscrits dans la transmission. "Il y avait au départ comme une absence de légitimité à suivre cette voie, commente l'artiste. Tout en étant de la même famille, je ne me sentais pas forcément très proche d'eux." Elle pousse néanmoins son désir de création et réfléchit à la définition d'un cadre pour son propre univers. Ce sera celui des femmes et de leurs conditions… amoureuse, sociale, professionnelle. Elle apprend la technique, avec rigueur et méthode, puis laisse venir l'inspiration. Ses grandes questions sur la condition féminine en constitueront la source : "je suis une femme. Représenter les femmes est devenu une évidence. Et j'ai voulu les représenter telles que j'aimerais qu'elles soient."

Célestine, la révolte relève-t-elle toujours de l’utopie ?  - Anne Kuhn
© Anne Kuhn

La littérature en appui

"Le lien à la littérature est apparu progressivement, reprend la photographe. J'ai d'abord photographié des personnages dans une maison familiale du bord d'Adour en leur associant un texte. Puis, un jour, j'ai découvert une peinture représentant Emma Bovary au bord d'une falaise. Cette représentation m'a incitée à me questionner sur le sens du mot "liberté". Finalement, Emma Bovary est-elle libre ? Et la liberté, c'est quoi ? De là, j'ai cherché d'autres héroïnes de romans que j'ai voulu libérer : Lol V. Stein, sortie d'un roman de Marguerite Duras ; Célestine, personnage principal du Journal d'une femme de chambre..." Systématiquement traités en diptyques - le premier volet représentant l'héroïne dans sa version littéraire, le second dans une tentative de libération, cinq portraits de cette série seront exposés au DIDAM cet été.
Ils côtoieront les portraits de femmes ayant réellement vécu, comme Diane de Poitier, Hildegarde de Birgen, Marie-Madeleine, la botaniste Mary-Agnès Chase ou Frida Kahlo, nouvelle série qui sera présentée pour la première fois au DIDAM. 

DIDAM, 6 quai de Lesseps, exposition du 18 juillet au 13 septembre, ouvert tous les jours de 14h à 19h, jours fériés inclus.
Plus d'infos > annekuhn.fr> Expositions à venir au DIDAM

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