Haizebegi, un festival catalyseur de rencontres

Festival Musique

Du 10 au 20 octobre, la sixième édition du festival Haizebegi s'intéressera à nouveau à ceux qui fabriquent la musique, qui la jouent, l'écoutent, la partagent, la commentent et la dansent.

Avec 10 films, 5 concerts, 14 rencontres et débats, 2 colloques, 3 expositions, 5 conférences, 1 spectacle de danse contemporaine, 7 stages et ateliers et et un grand bal tango, le festival déroulera son programme aux quatre coins de la ville : de la musique syrienne au cinéma L'Atalante, des paysages acoustiques du Cap Horn, de la musique cubaine et et des chants polyphoniques kanak à la Cité des arts, du tango argentin au Gaztetxe, une expo photo sur le parvis du DIDAM...

Exposition universelle Paris 1889 : Selk’nams avec Maurice Maître en 1889.
© Photothèque CNRS / Anonyme

Cérémonie de résilience

Le point d'orgue de cette édition sera l'accueil de membres des peuples Selk'nams et Yahgans venus d'Ushuaia, de Rio Grande et de Puerto Williams, en Terre de feu. Le 12 octobre à 11h au musée Basque, ils raconteront l'histoire de leurs peuples, victimes d'esclavagisme et de génocides : en 1889, onze Selk'nams sont présentés dans un zoo humain lors de l'exposition universelle de Paris ; en août 1895, 165 d'entre eux sont vendus aux enchères puis déportés en tant qu'esclaves vers des exploitations... Ce peuple intrigue. Il est perçu comme "primitif" au sens le plus vil et déshumanisant du terme. Entre 1880 et 1905, la population passe ainsi de 4000 à 500 individus. "Les Yagán n’échappent pas non plus aux effets de la colonisation, explique Denis Laborde, directeur artistique du festival. Ils sont très largement exploités au profit d'activités agricoles rémunératrices pour les colons, et soumis aux lois de l'évangélisation. Là où les missions s’installent, la distribution de vêtements européens est de mise pour civiliser les Yagán aux yeux de ceux que la nudité dérange. Il en résulta des maladies en tous genres contre lesquelles les Yagán n'ont aucun anticorps..."
Ce jour-là, lors d'une "Cérémonie de résilience" placée sous l'égide l'UNESCO,
Lars-Christian Loch, directeur du Phonogramm-Archiv, remettra aux représentants de ces deux communautés les enregistrements réalisés entre 1907 et 1923 par des missions ethnographiques en Terre de feu.

Plus d'infos > haizebegi.eu